[Eco-concept] Le centre annulaire de Gwanggyo en Corée du Sud

Quand les pains de sucre émergent en milieu urbain.

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C’est finalement le cabinet d’architectes néerlandais MDRDV qui a remporté le projet Suwon Gwanggyo New City Power Center. Il s’agissait d’imaginer à quoi pouvait ressembler le centre-ville de demain dans cette zone urbaine de près de 80 000 habitants située à 35 km au Sud de Séoul, en Corée du Sud.

L’enjeu était conséquent : il s’agissait de créer un centre-ville autosuffisant, mixte et ouvert qui puisse accueillir à la fois de l’habitat, une zone culturelle, économique et commerciale tout en gardant l’aspect environnemental au centre du projet.

MDRDV a relevé le challenge avec brio en proposant un plan original s’appuyant sur des principes architecturaux novateurs : les buildings sont conçus comme des jardins verticaux permis par un concept d’anneaux superposés de taille décroissante qui accueilleront, entre autres, des terrasses végétalisées, un système de recyclage de l’eau et des patios qui composeront autant de traits d’union entre les différents espaces, privés, publics ou semi-publics du projet. Pas un mot de plus, pour l’instant, sur d’autres mesures concrètes et durables dans ce centre-ville qui se veut tout de même autosuffisant énergétiquement à l’orée 2014.

Selon les prévisions et modalités actuelles du projet, les chantiers du Gwanggyo Power Centre devraient débuter en 2010 et les constructions seront partagées entre 200 000 m² réservées au résidentiel, 48 000 m² de bureaux, 200 000m² de surface de stationnement (?!?) tandis que les 200 000 m² restants seront divisés entre les sphères culturelle, commerciale et des espaces de loisirs.

Le projet est actuellement entre les mains d’un consortium d’entreprises locales (DA Group) et internationales (le britannique Arup) -à la tête duquel on trouve Daewoo- et des autorités locales de la province de Gwanggyo afin de procéder aux études de faisabilité et au chiffrage.

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[Agenda] Salon BatiEco à Sophia Antipolis, 29 et 30 janvier 2009

Catalyseur de rencontres professionnelles au service de la construction durable

Au cœur des enjeux de la construction et de l’urbanisme durables, BatiEco présente les solutions innovantes et concrètes d’éco-construction, d’éco-gestion et d’éco-recyclage du bâtiment et de l’habitat.

L’AGORA Einstein et CARI, entreprise nationale de Construction, ont choisi de créer et d’organiser un cycle annuel de 6 salons professionnels pour relever 6 défis du développement durable. Les salons s’articulent autour de quatre piliers : le bâtiment, la technologie, l’environnement, l’humain. Quatre facettes d’un même enjeu : le développement durable se décline au pluriel.

Dans cet objectif, la deuxième édition du salon BatiECo, en partenariat avec le CARMA et ENVIROBAT, se tiendra les 29 et 30 janvier prochains.

Au travers de témoignages concrets, de démonstrations en direct et d’un espace d’exposition professionnel venez rencontrer les acteurs et découvrir les solutions pour construire et rénover durablement.

Synergie et échanges : nous favorisons la rencontre des différents acteurs du domaine, pour répondre ensemble aux enjeux de demain, aux changements du marché et aux évolutions réglementaires. Ce salon réunit sur deux jours l’ensemble des acteurs de la construction :

Maîtrise d’oeuvre
Promoteurs, industriels du secteur de la construction
Pôles de compétitivité
Architectes (2000 contacts privilégiés invités)
Fabricants, distributeurs, installateurs
Institutionnels et collectivités
Conseil, audit, certification…

Rencontrez les professionnels et découvrez les innovations et solutions concrètes dans les espaces d’exposition
Touchez les collectivités et les institutionnels pour développer ensemble des projets
Discutez et échangez grâce aux moments de convivialité : les repas dans les espaces d’exposition, la soirée d’affaires des exposants
Informez-vous et préparez l’avenir avec un cycle complet de conférences abordant l’ensemble des thématiques des enjeux aux techniques de constructions et matériaux

[Eco-concept] la « Leaf house » brésilienne

La « maison-feuille » : matérialisation d’une approche stratégique globale de l’habitat.

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C’est à quelques kilomètres de Rio de Janeiro, sous des latitudes chaudes et humides, qu’est imaginée et contruite la leaf house. Le rafraîchissement y est un art particulièrement difficile du fait de la forte teneur en vapeur d’eau de l’atmosphère et des nuitées qui y restent chaudes en raison de l’importante couche nuageuse qui surplombe la région. Les autochtones ont bien compris les contraintes climatiques du site et y ont répondu en imaginant des habitations ouvertes et orientées de manière à faire profiter l’ensemble de la maison des brises extérieures.

C’est dans ce contexte délicat que le cabinet d’architecture Mareines +Patalano propose l’idée de la leaf house avec ce plan original, qui serait inspiré des dispositions architecturales régionales et traditionnelles pré-colombiennes.

Ici, tout fonctionne comme un système global précisément conçu et en interaction permanente avec son environnement. Le plan organique interdit la présence de couloirs et de corridors intérieurs, la fusion avec l’élément végétal et naturel est constante, le contexte tropical aidant.

La fraîcheur naturelle des espaces de rencontre et de sociabilité, omniprésents sous ces latitudes, constitue un des principes fondateurs dans la conception de la leaf house. Ainsi, les brises océaniques caractéristiques des lieux ont été idéalement rendues fonctionnelles : on en a astucieusement imaginé et organisé les lieux de pénétration pertinents dans cet habitat où vérandas et espaces ouverts intermédiaires sont alors largement surventilés.

Les déterminants écologique, économique et esthétique ne sont pas en reste puisque le toit en bois régional rappelant les formes végétales tropicales est conçu avec de larges avancées pour permettre une protection de l’habitation contre le soleil et les pluies. De même, la surface de toiture imposante a été l’outil idéal pour la récupération des eaux de pluies et pour créer, dans son prolongement, un système de réutilisation de celles-ci.

On saisi aisément que le fil conducteur de ce projet a été d’imaginer des dispositions architecturales savamment mises en oeuvre pour y inscrire une manière de vivre et d’habiter un lieu, propre à un climat.


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Crédit Photos : Leonardo Finotti

[Agenda] Paris : « Bâtir écologique » du 28 au 30 novembre 2008

Rencontrez les 108 exposants de cette nouvelle édition du salon national de la construction écologique et de l’habitat sain.

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C’est la 5e édition de « Bâtir écologique » qui aura lieu du vendredi 28 au dimanche 30 novembre 2008 dans la Grande Halle de la Villette à Paris.

Cette année encore, une sélection très intéressante de conférences, d’ateliers, de démonstrations, de projections de films est prévue.

[Eco-concept] La maison nomade à 6 pattes

Walking House, un concept écologique emblématique de la culture du nomadisme.

S’inspirant des verdines, ces roulottes hippomobiles tsiganes du XIXe siècle, la maison nomade est imaginée pour 4 occupants et dispose de toutes les technologies équipant les maisons écologiques actuelles en les réadaptant : panneaux solaires, mini-éoliennes, système de récupération d’eau de pluie, système de compost.

Cette maison à « 6 pattes » se déplace à une vitesse de 60 mètres par heure seulement, permettant -tout comme son ancêtre sur roues- de profiter du paysage pendant le déplacement. Et l’inspiration « roulotte » ne s’arrête pas là : du poids d’une petite automobile citadine (1200 Kg), le module indépendant de la walking-house (mesurant 3.50 sur 3.50m et long de 3.72 mètres) dispose d’un aménagement intérieur  intentionnellement dépouillé, intégré à la structure du module et donc réduit à son strict minimum. La vocation « tout-terrain » de l’engin est également suggérée par les utilisations de sa lointaine cousine rom.

Née de l’imagination débordante de l’équipe (1) britannique N55 du Wysing Arts Centre (Cambridgeshire), la walking-house est bien plus qu’une maison nomade. Elle se veut l’emblème de la culture du nomadisme, proche, par définition, de son environnement, en symbiose avec la nature (sic) et à contre-courant du concept de la propriété terrienne.

La maison nomade à 6 pattes espère donc maintenant trouver des acquéreurs… afin de se regrouper en walking village.

Vous y croyez, vous ?

(1) N55 est composé de Ion Sørvin, Øivind Alexander Slaatto et Sam Kronick.

[Autoconstruction] Les « Eco-dômes », maisons-céramiques (1/3)

Nader Khalili, architecte d’origine iranienne et fondateur du Cal-Earth Institute en 1991, a été parmi les premiers à créer et développer des techniques de construction extrêmement résistantes et rapidement mobilisables dans des contextes d’urgence. Il a ainsi développé une technique appelée Super Adobe pour réaliser des abri d’urgence « Emergency shelters » ou « Sandbag shelter » (abris de sacs de sable) en milieu sinistré (tremblement de terre, ouragan, tornade, inondations, etc.).

Cette technique a également permis de créer de réels lieux d’habitations durables en forme de dôme. La terre est extraite du lieu même de construction et on en remplit des sacs de toile que l’on empile de façon à dessiner la forme de ces « éco-dômes ». L’ensemble est renforcé avec du fil de fer barbelé puis un feu est allumé à l’intérieur : une coque de terre cuite extrêmement solide et isolante (thermiquement et acoustiquement) se forme supportant l’ensemble de l’édifice.

Ainsi, la mise en place de ces maisons peut se faire rapidement (4 semaines en moyenne) par une équipe de 3 à 5 personnes sans qualification particulière en usant d’un minimum de matières premières – principalement le sable ou la terre et sans utiliser le bois – prélevés directement sur le lieu de construction. L’Iran, dont Nader Khalili s’est largement inspiré pour mettre au point ces techniques, a constitué le premier terrain d’expérimentation pour ces « maisons-céramiques ».

Avec différentes adaptations, cette même technique du SuperAdobe a pu servir pour construire de plus grandes infrastructures comme des écoles, des hôpitaux mais aussi des ponts, routes, stabilisations de cours d’eau, digues, etc. Le système a fait ses preuves à grande échelle en 1994 en Iran, lorsque le pays a dû mettre en place des camps d’accueil pour des milliers de réfugiés Irakiens. Le Haut Comité pour les réfugiés (HCR) et le Programme au développement (PNUD)  des Nations-Unies se sont également penchés sur la technique et les réalisations de Nader Khalili pour les expérimenter au Pakistan en 2005 et en Iran en 2002 comme abris pour les réfugiés des tremblements de terre. Entre-temps, en 2004, la structure de Nader Khalili a été récompensée par le prix triennal Aga Khan.

Aujourd’hui la technique du SuperAdobe de Nader Khalili a été exportée et mise en oeuvre dans plusieurs pays du monde (Etats-Unis, Mexique, Sénégal, Afrique su Sud, Inde, Pakistan, en France au Jardin des Plantes de Nantes). Le plan de la maison de base imaginée par l’architecte comptait une surface habitable de 40 m² environ. Depuis l’éco-dôme a évolué, les plans se sont complexifiés et les constructions se sont agrandies tandis que l’esprit du concept originellement né dans l’imagination de son concepteur reste intact : une alternative rapide, écologique  et économique aux constructions classiques.

Avec l’éco-dôme Nader Khalili a posé les premiers jalons de l’ère des constructions durables entièrement biodégradables et accessibles à tous.

Vidéos :

[Portrait] De l’économie solidaire aux éco-logements sociaux

Le projet Chênelet : une démarche complète de réinsertion, dont la partie visible concilie environnement et économie, et dont la partie cachée révèle des exigences sociales particulièrement fortes qui oscillent entre entrepreneuriat social et logement social.

francois-martyPortrait de François Marty, Président et fondateur de Chênelet.

« Qu’est-ce qui est à l’origine du projet Chênelet ? »

Notre métier d’origine est le bâtiment, une compétence que nous essayions alors de développer dans le cadre de l’insertion, mais avec des résultats très mitigés car le bâtiment est emblématique des métiers qui recquièrent beaucoup de savoir-faire. Si nous sommes revenus à ces « premières amours », c’est parce que force est de constater que ces mêmes personnes auxquelles nous voulions offrir du travail sont également celles qui souffrent du mal logement. J’entends par là le résultat de politiques parfois aberrantes, sous forme de barres et de tours, où règnent la promiscuité et les matériaux de mauvaise qualité, le tout associé à des consommations de flux que ces personnes n’ont certainement pas les moyens de se payer.

Pourquoi cette situation ? S’agit-il d’une spécificité française ?

Plusieurs facteurs ont contribué à cet état de fait. Le problème est d’abord juridique, car dans les textes rien n’apparaît pour favoriser des matériaux écologiques et sains. La pyramide des âges, en matière de bâti, est complètement aberrante (les logements les plus caractéristiques des faiblesses des procédés constructifs sont ceux des années 70, peu ou très mal isolés, NDLR). De plus, les métiers du bâtiment ont une image très négative, le manuel est stigmatisé.


Qu’ont à offrir les logements sociaux du Chênelet ?

Trois groupes de travail ont été montés en amont de la conception. En premier lieu, il faut citer l’expertise apportée par les femmes vis-à-vis des usages du logement : le souhait d’une bonne isolation, la facilité d’accès aux sanitaires, le cellier, ou encore des porte-fenêtres assez larges pour faire pénétrer un lit médicalisé… Dans un autre groupe de travail, nous nous sommes penchés sur ce que l’écologie pouvait apporter concrètement au logement. Le meilleur exemple en est le coût annuel du chauffage, soit une somme de 80€ en 2006. Les principaux atouts des maisons Chênelet, c’est l’usage de matériaux écologiques, comme le bois.

Vous utilisez des matériaux plutôt non conventionnels…

Attention, notre métier ne relève pas pour autant de l’écologie, ni des matériaux de construction, mais bien de l’Économie Sociale et Solidaire, de l’insertion, de la capacité à réinventer les métiers. Pour cela, il nous a fallu « reprogrammer nos ingénieurs » (et c’est un défi qui nous a permis de rassembler autour de notre projet des compétences très précieuses), pour que des agents de manoeuvre, des gens faiblement qualifiés, puissent travailler avec les matériaux que nous utilisons. Au sujet de ces matériaux, je tiens à détromper ceux qui pensent que les obstacles à leur utilisation sont infranchissables. Au Chênelet, l’agrément n’est pas venu des autorités administratives, mais des assureurs, qui, cerise sur le gâteau, nous ont même annoncé un coût inférieur de 20% au coût moyen d’une assurance grâce à l’utilisation du bois.


Nous assistons donc à l’ouverture d’un marché de l’éco-construction ?

C’est effectivement à l’émergence d’un marché qui se promet gigantesque à laquelle nous assistons. La disparition des « barrières d’entrée » sur le marché des éco-matériaux va faire que les grands groupes vont s’engouffrer dedans, après avoir entretenu pendant des années le mensonge selon lequel la réglementation était un obstacle infranchissable. Avec toute une série de conséquences positives pour des filières déjà existantes : je pense en particulier aux filières locales qui peuvent alimenter des procédés de construction propres au territoire, comme les Carrières du Boulonnais qui nous fournissent en argile, et ce très en deçà de leur capacité (de 800 tonnes par jour de sous-produits, issus de leur activité principale, jusqu’alors considérés comme des déchets). On est très, très loin, ici, de la menace de pénurie qui plane sur les filières de matières premières en général.

Cette référence au territoire local des procédés constructifs, cela revient à (ré)inventer les métiers du bâtiment…

Il faut effectivement créer les conditions pour répondre à ce marché. Avec l’aide du réseau Cocagne, et avec l’appui de l’ADEME et du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais, nous travaillons à identifier les conditions d’un réseau d’éco-constructeurs qui démarre depuis notre région. Paralèllement, nous développons une gamme de maisons plus urbaines, avec des matériaux plus classiques (ouate de cellulose…), ainsi qu’une autre génération de maisons en bois et paille. L’idée est, de manière générale, de définir des gammes et des procédés qui soient facilement reproductibles.

Vous parlez toujours de maisons, alors que la verticalité semble devenir la règle des projets d’urbanisme durable, notamment au regard de l’empreinte écologique….

Effectivement, et nous assumons pleinement le fait de construire des pavillons dans une dimension d’éco-logements sociaux… il y a là dans notre démarche une part d’incertitude, mais c’est de l’ordre du vivant : mieux vaut réhumaniser la vie plutôt que l’empiler ! La ville est un phénomène inévitable, inversement cela me paraît idiot d’aller étaler en milieu rural. Les familles en ville ont un droit à l’espace.

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