[Eco-concept] Le centre annulaire de Gwanggyo en Corée du Sud

Quand les pains de sucre émergent en milieu urbain.

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C’est finalement le cabinet d’architectes néerlandais MDRDV qui a remporté le projet Suwon Gwanggyo New City Power Center. Il s’agissait d’imaginer à quoi pouvait ressembler le centre-ville de demain dans cette zone urbaine de près de 80 000 habitants située à 35 km au Sud de Séoul, en Corée du Sud.

L’enjeu était conséquent : il s’agissait de créer un centre-ville autosuffisant, mixte et ouvert qui puisse accueillir à la fois de l’habitat, une zone culturelle, économique et commerciale tout en gardant l’aspect environnemental au centre du projet.

MDRDV a relevé le challenge avec brio en proposant un plan original s’appuyant sur des principes architecturaux novateurs : les buildings sont conçus comme des jardins verticaux permis par un concept d’anneaux superposés de taille décroissante qui accueilleront, entre autres, des terrasses végétalisées, un système de recyclage de l’eau et des patios qui composeront autant de traits d’union entre les différents espaces, privés, publics ou semi-publics du projet. Pas un mot de plus, pour l’instant, sur d’autres mesures concrètes et durables dans ce centre-ville qui se veut tout de même autosuffisant énergétiquement à l’orée 2014.

Selon les prévisions et modalités actuelles du projet, les chantiers du Gwanggyo Power Centre devraient débuter en 2010 et les constructions seront partagées entre 200 000 m² réservées au résidentiel, 48 000 m² de bureaux, 200 000m² de surface de stationnement (?!?) tandis que les 200 000 m² restants seront divisés entre les sphères culturelle, commerciale et des espaces de loisirs.

Le projet est actuellement entre les mains d’un consortium d’entreprises locales (DA Group) et internationales (le britannique Arup) -à la tête duquel on trouve Daewoo- et des autorités locales de la province de Gwanggyo afin de procéder aux études de faisabilité et au chiffrage.

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[Eco-concept] Le gratte-ciel dynamique rotatif du Dubaï fait tourner les têtes

Le premier green building associant mouvement, énergie écologique et efficience dans le processus de construction.

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Crédit photos, plans : Dynamic Architecture

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C’est vers 2010 que devrait s’achever la construction de la « Rotating tower » à Dubaï, projet imaginé par le très créatif David Fischer du groupe Dynamic Architecture. L’objectif est de propulser l’architecture durable dans une ère nouvelle, et quoi de plus « simple » que de commencer dans des villes où le gigantisme des constructions rivalise avec le luxe et la haute technologie ?

New York, Londres, Hong Kong, Paris, maintenant Moscou et Dubaï, qui accueillera la construction d’un gratte-ciel de 420 mètres de hauteur, soit 80 étages ayant vocation à devenir une véritable centrale énergétique alimentée par 79 turbines éoliennes en fibre de carbone incrémentées horizontalement à chaque étage. L’idée essentielle et novatrice du projet est complexe : autour du tronc central fixe en béton armé, un système éolien entraîne la rotation de chaque étage qui pivote indépendamment des autres. Les étages de cet édifice dynamique seront par conséquent en perpétuel mouvement engendrant une modification continuelle de la forme du building.

Le vent comme source d’énergie donc, mais le soleil n’est pas en reste puisque des cellules photovoltaïques seront installées sur le toit de chaque étage : la cabinet Dynamic Architecture prévoit que si seulement 20% de la surface du toit était exposée au soleil ou à la lumière, il resterait toujours 20% de la surface multipliée par 80 grâce au système de rotation. Des convecteurs solaires seront ensuite utilisés pour le conditionnement d’air.

La « rotating tower » sera entièrement construite à l’aide d’éléments préfabriqués selon la Méthode Fisher (du nom même de l’architecte initiateur du projet), ce qui devrait permettre de réaliser des économies sur le coût de construction d’un tel édifice en divisant notamment par 3 le nombre d’intervenants divers (ouvriers, techniciens) qu’aurait exigés une construction classique de même dimension et de réduire les délais de livraison, puisque chaque étage doit pouvoir être bâti en 7 jours, toujours selon les indications données par la cabinet Dynamic Architecture.

La « Rotating Tower » est donc le premier édifice réalisé en usine dans un établissement installé en Italie et appartenant à la société Rotating Tower Group et transporté « prêts-à-installer » puisque chaque module sera équipé, avant d’être monté et assemblé mécaniquement sur place, de toutes les installations hydrauliques et électriques, des salles de bains, cuisine, systèmes d’éclairage et de divers éléments d’ameublement, tout  ceci -est-il précisé- en privilégiant les matériaux naturels comme la céramique, le verre, le bois et le marbre.

Pour les autres caractéristiques techniques de ce « gratte-ciel vert », qui se veut nouvel emblême des Emirats Arabes Unis et plus largement des pays du Golfe arabo-persique, rien ne vaut les indications données par le cabinet d’architecture lui-même :

  • Aire totale de construction: 146 m2 ;
  • Les 20 premiers étages seront réservés aux bureaux ;
  • Les 15 étages suivants prévoient un hôtel de six étoiles ;
  • Aux 35 autres étages se trouveront les appartements de luxe ;
  • Les 10 derniers étages seront réservés aux « villas ».

Un parking spécial pour les « villas » sera situé au rez-de-chaussée d’où partira un ascenseur, rapide et réservé, aux commandes électroniques qui obéiront au mouvement des yeux.

Le prix s’élève à 3000 US$ par m2 et ces appartements s’affirment bien-sûr comme les plus chers des Emirats Arabes parce qu’ils feront partie d’un édifice unique et l’un des plus prestigieux au monde.

Nous vous informons par ailleurs qu’il est désormais possible de réserver un appartement en s’inscrivant sur la liste des réservations !?!

[Eco-concept] Les pays du Golfe se mettent au vert

Très discrètement, l’urbanisme et la construction durables font leur entrée au pays de l’or noir.

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C’est avec le projet XERI-town du cabinet X-Architects, que les Émirats Arabes Unis entament leur rupture avec les modèles urbanistiques classiques d’outre-atlantique, conçus et mis en œuvre pour le règne de l’automobile. XERI-town ouvre désormais la voie à une ère nouvelle : celle des projets urbains plus en phase avec les paysages régionaux désertiques, plus denses et basés sur les principes du bioclimatisme, permettant ainsi d’intégrer les contraintes climatiques particulières aux régions arides dans la conception du projet.

Ils l’ont promis et on ne peut que s’en réjouir : place privilégiée accordée aux piétons. Place à la réutilisation des eaux grises dans une zone où l’or bleu est, on le sait, une denrée rare. Place aux stratégies de réduction des consommations d’énergies diverses.

Mirage ?

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[Eco-concept] la « Leaf house » brésilienne

La « maison-feuille » : matérialisation d’une approche stratégique globale de l’habitat.

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C’est à quelques kilomètres de Rio de Janeiro, sous des latitudes chaudes et humides, qu’est imaginée et contruite la leaf house. Le rafraîchissement y est un art particulièrement difficile du fait de la forte teneur en vapeur d’eau de l’atmosphère et des nuitées qui y restent chaudes en raison de l’importante couche nuageuse qui surplombe la région. Les autochtones ont bien compris les contraintes climatiques du site et y ont répondu en imaginant des habitations ouvertes et orientées de manière à faire profiter l’ensemble de la maison des brises extérieures.

C’est dans ce contexte délicat que le cabinet d’architecture Mareines +Patalano propose l’idée de la leaf house avec ce plan original, qui serait inspiré des dispositions architecturales régionales et traditionnelles pré-colombiennes.

Ici, tout fonctionne comme un système global précisément conçu et en interaction permanente avec son environnement. Le plan organique interdit la présence de couloirs et de corridors intérieurs, la fusion avec l’élément végétal et naturel est constante, le contexte tropical aidant.

La fraîcheur naturelle des espaces de rencontre et de sociabilité, omniprésents sous ces latitudes, constitue un des principes fondateurs dans la conception de la leaf house. Ainsi, les brises océaniques caractéristiques des lieux ont été idéalement rendues fonctionnelles : on en a astucieusement imaginé et organisé les lieux de pénétration pertinents dans cet habitat où vérandas et espaces ouverts intermédiaires sont alors largement surventilés.

Les déterminants écologique, économique et esthétique ne sont pas en reste puisque le toit en bois régional rappelant les formes végétales tropicales est conçu avec de larges avancées pour permettre une protection de l’habitation contre le soleil et les pluies. De même, la surface de toiture imposante a été l’outil idéal pour la récupération des eaux de pluies et pour créer, dans son prolongement, un système de réutilisation de celles-ci.

On saisi aisément que le fil conducteur de ce projet a été d’imaginer des dispositions architecturales savamment mises en oeuvre pour y inscrire une manière de vivre et d’habiter un lieu, propre à un climat.


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Crédit Photos : Leonardo Finotti

[Intérieur] Un tapis de bain 100 % matériaux recyclés

Le tapis de bain économique et écologique de Michelle Kaufmann.

Quel est le point commun entre le tapis de bain POP CORN de chez Habitat et l’eco bath rug de Michelle Kaufmann ?

L’allure ? A coup sûr.

Le colori ? Sans aucun doute.

Le procédé de fabrication ? A peu de chose près. L’un est tissé à la machine, l’autre est noué à la main. Le premier vous coûtera la modique somme de 30 euros (?!?), le second le prix d’une vieille serviette de bonne qualité dont vous ne savez que faire et d’un peu d’imagination.

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Le procédé est simple : il suffit de réutiliser des tissus, serviettes, polaires aux couleurs sobres qui encombrent vos étagères, de les découper en bandes régulières de 1 à 2 x 10 cm et de les nouer de façon régulière sur une toile à canevas que vous aurez récupéré chez Mamie ou sur une grille à tisser que vous aurez confectionnée de vos petites mains et dont vous aurez vous-même prédéfini les dimensions.

Les explications détaillées de Michelle Kaufmann sont disponibles en pdf (anglais, à télécharger) ou à visionner (ang) :

Autres articles :

[Intérieur] Mobilier crée à partir de matériaux recyclés

[Eco-concept] Circuit guidé des « eco-buildings » de New-York

Porte-ouverte annuelle de 25 bâtiments écologiques de New-York City.

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Cette année, le 4 octobre a donné le coup d’envoi de la 6e édition du Green Buildings Open House qui a lieu chaque premier samedi du mois d’octobre depuis 2003.

A travers toute la ville, durant une journée, les curieux ont eu l’opportunité de découvrir ce qui se cache derrière les 25 constructions vertes participant à l’opération, en rencontrant et questionnant les propriétaires, mais aussi les professionnels qui sont à l’origine de leur conception et de leur réalisation.

Un concept de circuit urbain écologique, dans l’esprit et dans les moyens

Les visites guidées, proposées sur 7 circuits différents, ont été sponsorisées par NYSERDA et co-organisées par la Northeast Sustainable Energy Association (NESEA), GreenHomeNYC et la American Solar Energy Society (ASES). Elles ont concerné les quartiers de Manhattan, de Brooklyn et du Bronx… mais pas n’importe comment… c’est qu’on ne fait pas les choses à moitié à New York City ! C’est donc à pied, à bicyclette ou en navettes hybrides (oui, oui ! les véhicules combinant moteurs électrique et thermique) que les visiteurs ont été conviés à cette originale sortie guidée d’un jour.

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Crédit Photo

[Eco-concept] La maison nomade à 6 pattes

Walking House, un concept écologique emblématique de la culture du nomadisme.

S’inspirant des verdines, ces roulottes hippomobiles tsiganes du XIXe siècle, la maison nomade est imaginée pour 4 occupants et dispose de toutes les technologies équipant les maisons écologiques actuelles en les réadaptant : panneaux solaires, mini-éoliennes, système de récupération d’eau de pluie, système de compost.

Cette maison à « 6 pattes » se déplace à une vitesse de 60 mètres par heure seulement, permettant -tout comme son ancêtre sur roues- de profiter du paysage pendant le déplacement. Et l’inspiration « roulotte » ne s’arrête pas là : du poids d’une petite automobile citadine (1200 Kg), le module indépendant de la walking-house (mesurant 3.50 sur 3.50m et long de 3.72 mètres) dispose d’un aménagement intérieur  intentionnellement dépouillé, intégré à la structure du module et donc réduit à son strict minimum. La vocation « tout-terrain » de l’engin est également suggérée par les utilisations de sa lointaine cousine rom.

Née de l’imagination débordante de l’équipe (1) britannique N55 du Wysing Arts Centre (Cambridgeshire), la walking-house est bien plus qu’une maison nomade. Elle se veut l’emblème de la culture du nomadisme, proche, par définition, de son environnement, en symbiose avec la nature (sic) et à contre-courant du concept de la propriété terrienne.

La maison nomade à 6 pattes espère donc maintenant trouver des acquéreurs… afin de se regrouper en walking village.

Vous y croyez, vous ?

(1) N55 est composé de Ion Sørvin, Øivind Alexander Slaatto et Sam Kronick.