[Eco-junior] « Mia et le Migou » : une approche familiale de l’écologie

Sortie le 10 décembre 2008

Son long-métrage intitulé La Prophétie des grenouilles l’avait révélé au grand public avec plus de 1 200 000 entrées en France, Jacques-Rémy Girerd revient avec un nouveau film « Mia et le Migou« .

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Mia est une fillette d’à peine dix ans. Alertée par un pressentiment, elle décide de quitter son village natal quelque part en Amérique du Sud pour partir à la recherche de son père. Ce dernier travaille sur un chantier gigantesque visant à transformer une forêt tropicale en luxueuse résidence hôtelière. La route est longue pour retrouver son papa. Mia doit franchir une lointaine montagne, entourée d’une forêt énigmatique et peuplée d’êtres mystérieux. Au coeur de ce monde de légende, la fillette découvre un arbre hors du commun et se confronte aux véritables forces de la nature. Une expérience extraordinaire… à découvrir au cinéma dans près de 300 salles le 10 décembre prochain. En attendant, on vous dit tout sur ce film qui a nécessité 6 ans de travail avec notamment la bande-annonce et un extrait de l’interview du réalisateur. Une belle approche philosophique et poétique de l’écologie pour toute la famille.

La bande-annonce de Mia et le Migou (dès 5 ans)

Extrait de l’entretien avec Jacques-Rémy Girerd : l’écologie, un rapport nouveau avec soi-même et avec la Terre

On retrouve de façon récurrente le thème de l’écologie dans vos films, la protection de la planète ? Si l’on s’intéresse aux êtres vivants, il ne peut en être autrement.

Mais encore ? Un film n’est pas seulement un scénario, si bon soit-il. Certes, l’histoire doit être captivante et bien fonctionner, mais les enjeux véritables se situent ailleurs. Le vrai film joue dans les infimes petits moments de vie proposés, dans les ondes relatives qui passent d’un personnage à l’autre, dans les intentions poétiques. Et précisément ici, dans ce rapport merveilleux à la forêt. J’aime imaginer que mon film communique intimement avec le spectateur, qu’il lui chuchote à l’oreille quelque secret, des fragments d’expériences vécues ou imaginées, des détails qui peuvent changer sa vie. Au fond, l’écologie c’est aller chercher les atomes de sincérité au plus profond du vivant. La planète a besoin qu’on s’ajuste sur cette longueur d’onde.

[…]

Mais quand même, ce promoteur totalement immoral, programmé pour détruire et cette petite fille courageuse qui veut aller de l’avant, l’allégorie est forte !

Oui, la nature est fragile, un rien peut la renverser et l’homme moderne a terriblement accéléré les déséquilibres. A l’échelle géologique, le mal est spectaculaire, certains disent irréversible. Seuls les enfants de demain seront sans doute capables de comprendre où l’homme doit aller. L’écologie, ce n’est pas seulement l’isolation HQE des maisons, la promotion des énergies renouvelables ou la réduction de l’émission des gaz à effet de serre ! C’est un rapport nouveau avec soi-même et avec la Terre.

Pour préparer ou compléter :

aux éditions Milan (parution novembre 2008) :

Album du film
Romans 8 – 10 ans
Romans 10 – 12 ans
Album de coloriage
Livre documentaire

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[Interieur] Un vrai « kacheloffe » à la maison 2/2


Dans notre article précédent, nous vous avions présenté la première partie de l’installation d’un « kacheloffe » traditionnel.

Nous en sommes maintenant à la mise en place du foyer proprement dit. Le foyer, de la marque LEDA, dispose d’un système électronique qui permet de suivre les évolutions de température et donc d’anticiper un nouveau chargement. Dans le projet présenté ici, il est mis en place côté couloir.

luc_1Crédit : LEDA Werk GmbH & Co.KG Boekhoff & Co.

Côté salon, le socle est en place, puis une rangée de carreaux est montée avant de procéder à la maçonnerie interne.

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Le travail se poursuit avec le montage du banc et des rangées suivantes de carreaux avec un mortier à base d’argile, de chamotte et de ciment réfractaires mélangés.

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La technique traditionnelle de l’utilisation de pontets en fil de fer ou d’acier (en bas de la photo) reste toujours d’actualité pour assurer la cohésion des carreaux.

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Premiers feux doux (300°C-400°C) pour terminer le séchage et préparer le foyer à accueillir des feux plus importants.

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Les conseils pratiques de cb-bois, fournisseur de bois de chauffage, pour allumer son feu:

Prévoir:

  • différents «bois», à savoir:
    • au choix, du bois d’allumage, des écorces, des branchages, des pommes de pin, du bois refendu assez fin, très sec, etc.
    • les cagettes ou palettes fonctionnent très bien, mais nous ne les conseillons pas car en cas d’incendie, les assurances peuvent ne pas prendre en charge les dégâts si des déchets en sont retrouvés dans les cendres.
    • les sarments de vignes ne sont pas conseillés non plus car ils contiennent tous les restes de produits (très dangereux!!!) utilisés par les viticulteurs (les médecins sont très pessimistes quant au devenir santé de leurs utilisateurs!!!)
    • du bois fendu un peu plus gros.
    • du bois rond non refendu.
  • du papier, du carton, des boites d’œufs (très bon).
    Dans l’absolu, il ne faut brûler que du papier, carton ou emballage non imprimé (rare à trouver donc), car les encres utilisées sont des polluants.
    Si vous le pouvez, donc, enlevez les étiquettes collées sur les emballages et jetez-les dans votre poubelle destinée aux papiers, cartons et emballages.
  • Autre astuce : l’hiver, c’est aussi la saison des agrumes (oranges, citrons, pamplemousses…), le plein de vitamines pour vous, mais aussi un excellent moyen pour allumer votre feu, et parfumer votre maison.
    Concrètement, vous gardez la peau des fruits après les avoir épluchés, vous la posez sur un coin de votre cheminée ou directement sur le bord de l’insertion, et, une fois sèche, la peau s’enflamme comme du bois d’allumage au contact du papier ou du brasier.
    Il en est de même pour les pommes de pin séchées, ou les coquilles de noix.
    Prenez de bons réflexes:
    plutôt que de les mettre à la poubelle, brûlez tous les papiers, cartons, mouchoirs en papier, essuie-tout, etc, en gardant à l’esprit qu’il faut éviter de brûler les encres…


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Le travail se poursuit et se termine avec la mise en place des carreaux ajourés et des carreaux horizontaux du dessus.

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Les dernières photos du kacheloffe alsacien achevé.

– Côté salon –

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Côté couloir – chargement du bois

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Crédit photos : R.M.

Avec la fin du chantier de mise en place du Kacheloffe, le plus gros du « travail » n’est cependant pas achevé. Il s’est agi ensuite pour la famille de gérer le stock de bois et de trouver, en expérimentant et tâtonnant, la fréquence d’alimentation idéale. Après un an de chauffage au poêle à accumulation (d’octobre à avril), une dizaine de stères de bois a été nécessaire, soit deux (voire trois) chargements du foyer par jour.

Stockage et utilisation du bois : conseils pratiques de cb-bois, fournisseur de bois de chauffage.

[Intérieur] Un vrai « Kacheloffe » dans votre maison 1/2

Aussi appelé poêle de masse, poêle maçonné, poêle à accumulation, poêle à inertie, poêle alsacien, poêle autrichien ou allemand, le kacheloffe en faïence-ou kachelofen selon les langues et dialectes considérés-  fait son chemin.

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Crédit photo : R.M.

Quel est celui qui dispose de la place suffisante et du temps nécessaire pour entreposer une douzaine de stères de bois ?

Quel est celui qui n’est pas rebuté à l’idée de manipuler des bûches une, deux voire trois fois par jour ?

Quel est celui qui est prêt à accepter un peu de poussière et de sciures de bois près du foyer ?

Quel est celui qui a la patience d’attendre quelques dizaines de minutes pour que le feu « prenne » et inonde la maisonnée de sa chaleur unique et si agréable ?

Si vous êtes arrivés à la lecture de ces lignes, c’est que VOUS ETES CELUI QUI peut rêver de passer l’hiver sous cette douce et confortable chaleur que procure la combustion du bois !

Un principe de fonctionnement simple et sain.

Le kacheloffe est un poêle traditionnel le plus souvent recouvert de faïence -les « kachle« -, qui permet la combustion du bois à haute température (900°C environ) en restituant de l’énergie sous forme de rayonnement calorifique qui dure plusieurs heures.

Un foyer est placé dans un ensemble maçonné (d’où le terme « poêle maçonné » parfois employé pour parler du kacheloffe) qui accumule la chaleur dégagée et la restitue régulièrement après que la flambée, qui dure 45 minutes à une heure, se soit éteinte.

Ça, c’est la théorie.

Voyons donc comment cela se passe en situation.

Nous sommes en Alsace, dans une maison qui accueille un kacheloffe, construit sur place par un artisan spécialisé de la région. Il est placé au centre du premier étage et devra constituer la source première de chaleur. La porte de chargement sera installée à l’arrière de l’appareil, côté couloir et proche du conduit de cheminée, tandis que la plus grosse partie de l’équipement sera montée de l’autre côté, faisant du poêle le centre du salon. Il sera ainsi possible de charger le poêle à partir du couloir et d’y laisser du bois de réserve.

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Mur d'installation - Côté salon

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Mur d'installation - Côté couloir

Crédit photo : R.M.

Les kachle ou carreaux de faïence sont organisés et répartis en fonction de leur ordre de montage. Le poêle sera marron/ocre côté couloir et blanc avec des touches de rouge côté salon.

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Crédit photo : R.M.

On procède ensuite à l’ouverture dans le mur et les premières pierres sont installées côté salon.

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Crédit photo : R.M.

Suite :

[Intérieur] Un vrai « Kacheloffe » dans votre maison 2/2

[Ressources] Un logiciel 3D pour imaginer votre maison écologique

Imaginer, créer, aménager puis visualiser sa propre maison écologique en 3D.

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C’est ce que permet le logiciel « Ma Maison Ecologique 3D« , développé par Micro Application et proposé en vente en ligne pour 39,95 euros.

Livré avec un guide de l’éco-construction,  il propose un estimateur de coût, des conseils et astuces pour économiser l’énergie et met à disposition une cinquantaine de plans 3D personnalisables, 6.500 propositions de plans  de pièces, 4 projets complets de maisons écologiques proposés par des professionnels, 700.000 textures et objets de différents styles pour créer virtuellement votre nouvel intérieur, etc.

Pour ceux qui seraient tentés, il ne vous reste que quelques jours pour profiter d’une réduction de 20% de réduction sur la version en téléchargement* !


Les indications données par Micro Application :

1 – LE LOGICIEL

  • Dessin des plans en 2D au millimètre près
  • Normes françaises(2) et échelles réglementaires personnalisables
  • 300 outils professionnels : murs, cloisons, poutres, murets, paramétrages des portes et fenêtres avec des volets, balcon, escaliers…
  • Extra ! Estimateur de coûts d’aménagement et de décoration : peinture, parquet, sol…
  • Coupe 2D cotées et 3D
  • Impression et visualisation des plans et vues à l’échelle souhaitées

2 – LES MODELES

  • 4 projets de maisons écologiques en 3D et réalisés par des architectes professionnels
  • Riche ! Nombreux objets écologiques pour aménager votre maison « verte »
  • Bibliothèque de 700 000 objets et textures(3) de tout style : traditionnel, moderne, rustique, contemporain, design…
  • 6 500 plans de pièces : cuisine, salle de bains, salle de séjour, chambre…

3 – LE DIDACTICIEL et la PRISE EN MAIN

  • 1 didacticiel vidéo pour construire votre projet de A à Z
  • 1 guide de prise en main pour concevoir votre maison « verte », étape par étape !
  • Pratique ! Définition, conseils et enjeux de la maison écologique
  • Insertion de photo ou d’un paysage en arrière-plan panoramique 360°

[Accession] Le dispositif social de location-accession testé à Grigny

Un projet très attendu dans l’Essonne renaît de ses cendres

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Crédit photo : IDF Habitat

L’opération immobilière Villa Veneta de 35 logements -dont 7 maisons de ville, 10 pavillons et 18 appartements F2 ou F3- de type PSLA (Prêt Social Location Accession), a finalement été lancée à Grigny après plus de 4 ans de tractations, une enquête et des consultations réalisées auprès de la population communale.

Dès 2004, sous l’impulsion des pouvoirs publics, le Prêt Social Location-Accession (PSLA) avait été annoncé, s’adressant à des ménages sous plafonds de ressources qui achètent leur logement neuf situé dans une opération agréée par l’Etat. Ce sont là les conditions d’éligibilité aux financements PSLA. La commune de Grigny se lance donc mais c’était sans compter la complexité de la mise en place administrative et financière d’un tel dispositif ; complexité qui avait failli faire avorter le projet.

Financée par l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) et aménagée par l’AFTRP, (Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne) ce programme de construction s’adressera  donc prioritairement aux primo-accédants et se déroulera en deux phases. La première met en jeu un opérateur immobilier qui finance le logement de façon conventionnelle. Pendant ce premier temps, le ménage occupe le logement et paie une redevance qui comprend une part d’épargne (qui sert par conséquent à l’acquisition future du logement), plus une indemnité d’occupation et des frais de gestion. Le ménage garde donc  le statut de locataire et l’opérateur immobilier reste propriétaire du bien.

Puis, après une durée comprise entre 1 et 5 ans, ce ménage peut choisir d’accéder à la propriété. Il payera une mensualité de remboursement plafonnée et signe pour cela un contrat de location-accession qui, ouvrira droit, conformément à la législation actuelle, à L’Aide Personnalisée au Logement (APL).

D’après les informations données par IDF Habitat ici, les travaux devraient s’achever début 2009 et il resterait deux logements de type T2, le premier de 49,90 m² au prix de vente de 107 000 € TTC (parkings inclus) et le second de 50,40 m² au prix de vente de 108 000 € TTC (parkings inclus).

[Point de vue] Le projet de quartier durable De Bonne à Grenoble.

Rencontre avec Amandine Rambert, géographe-urbaniste en Ile-de-France, ancien membre actif de Site et Espaces, la Junior-Entreprise d’étudiants de Paris-Sorbonne et auteur d’un mémoire consacré au projet de quartier durable De Bonne à Grenoble.

1- Photographie de la maquette de la SEM SAGES

1- Photographie de la maquette de la SEM SAGES

Green Inked : Amandine Rambert, bienvenue et merci de nous proposer votre éclairage sur le projet de reconversion du quartier de la caserne De Bonne, à Grenoble. Quel est le contexte de votre intervention ?

A. Rambert : J’ai réalisé ce dossier dans le cadre de mon mémoire universitaire. Mon profil est orienté vers l’habitat et l’urbanisme durable, avec par exemple à mon actif une étude pour mettre en œuvre une politique de logement durable à Valenciennes ; ce mémoire constitue l’achèvement de mon Master d’aménagement et d’urbanisme.

Il s’est agi d’analyser un projet urbain d’envergure qui se revendique comme durable, et de questionner son exemplarité.

Le projet naît à Grenoble au début des années 2000 à partir d’une opportunité foncière, la libération de la caserne militaire De Bonne. Après un marché de définition pour la ZAC, qui insiste sur le fait de rendre le site au centre-ville comme sur la qualité environnementale, l’équipe de Christian Devillers est retenue et la Société d’Economie Mixte (SEM) d’aménagement urbain SAGES devient maître d’ouvrage. La programmation est particulièrement équilibrée puisqu’elle allie sur 8,5 hectares 850 logements, un pôle de commerces, de loisirs, d’activités tertiaires et de services, dont un hôtel de 90 chambres, 7400 m² de bureaux, une école, une résidence pour personnes âgées, ainsi qu’un parc urbain de 3,5 hectares. Aujourd’hui, De Bonne est encore en chantier et seules les premières tranches de travaux sont en cours de livraison.


Green Inked : Quels ont été les professionnels avec lesquels vous avez été en contact ?

A. Rambert : J’ai rencontré de nombreux acteurs, dont des architectes intervenant sur des îlots du parc social et privé, un expert de l’Agence Locale pour l’Energie (ALE) qui était très enthousiaste sur la gestion de l’énergie et de l’eau. C’est surtout avec la SEM SAGES que j’ai travaillé, notamment MM. Le Bihan et Cacciali. Ayant un rôle d’interface, leur point de vue sur le projet était partial mais global.

Green Inked : Conceptuellement, en quoi peut-on qualifier ce projet d’exemplaire en matière de développement durable ?

3- Panneaux photovoltaïques en toiture

3- Panneaux photovoltaïques en toiture

A. Rambert : Contrairement aux écoquartiers (1) qui s’attaquaient essentiellement à la question écologique, souvent sans tenir compte de critères comme la localisation, le contexte ou la densité, le projet de Bonne est un quartier durable (2) qui contribue à « construire la ville sur la ville », à transformer une enclave urbaine en un véritable quartier de centre-ville, équilibré, mixte et ouvert.On voit tout d’abord qu’il répond aux trois sphères du développement durable : sociale, avec une mixité exemplaire et un site dédié à l’accueil du public, économique, avec 7400 m² de bureaux et un pôle commercial, environnementale avec un projet dense, impliquant peu de déplacements, des bâtiments atteignant presque le label Bâtiment Basse Consommation (moins de 50 kWh/m²/an pour le chauffage; 35 kWh/m²/an pour l’eau sanitaire, 10kWh/m²/an pour les parties communes) et une centrale de 1000 m² de capteurs photovoltaïques.

Le projet est exemplaire du fait du travail à toutes les échelles : il répond aux besoins de la ville et du quartier, avec par exemple l’extension du cœur commerçant du centre-ville, la réalisation d’un grand parc urbain ainsi que d’équipements sportifs modernes. Il est élaboré à partir du site existant et en fonction du tissu environnant, avec notamment la définition d’un périmètre de ZAC bien plus large que l’emprise militaire initiale. A l’échelle de l’îlot et du bâtiment, ont été privilégiées les problématiques de qualité de vie, avec notamment une politique énergétique extrêmement ambitieuse.

4- Répartition spatiale des logements sociaux

4- Répartition spatiale des logements sociaux

Il est exemplaire par l’effort d’anticipation dont il fait preuve, de prise en compte de la durabilité de tous les choix d’aménagement retenus. Le choix concerne la densité, mais aussi la mixité fonctionnelle, pour que le quartier ne soit pas identifié comme « résidentiel » mais favorise la proximité des équipements, des loisirs, des emplois, des transports en commun, etc. La mixité sociale est respectée, avec près de 70 % de logements sociaux, en accession sociale ou plafonnée ; elle permet d’éviter l’effet d’élitisation du quartier comme sa stigmatisation en tant que quartier social, et garantit un panel varié de populations. Enfin, une priorité sensible de la ZAC réside dans l’accessibilité, qui est exigée à un niveau élevé partout, lieux publics comme équipements ou même à l’intérieur des logements.

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Notes :
(1) et (2) : l’écoquartier s’attache essentiellement à l’aspect écologique du développement durable, alors que le quartier durable prend en compte les 3 pôles : économique, social, environnemental, avec une attention particulière attachée à la gouvernance, à la mixité, ou encore au sport et à la culture. De Bonne se distingue donc en tant que quartier durable : par sa considération du tissu environnant, du contexte local, social et économique, sur le long terme ; par sa considération de l’existant, de l’héritage historique et culturel du site et de la ville ; par le choix de la densité, de la mixité des fonctions, des milieux sociaux et des générations attendus.


Green Inked : entrons maintenant dans les détails concrets du projet, si vous le voulez bien. Quelles sont, selon vous, les mesures fortes prises dans le projet De Bonne ?

A.Rambert : on peut souligner l’attention très importante accordée à la mixité générationnelle. En effet, toutes les classes d’âge sont prises en compte à la fois dans le domaine de l’habitat et des équipements. Par exemple, les personnes âgées ont une résidence dédiée ; une école est réalisée pour les familles avec jeunes enfants ; les jeunes et les étudiants, à proximité de lycées, d’universités et d’écoles, ont à leur disposition une résidence étudiante, des équipements sportifs, un skate-park, etc.

Egalement, l’attention au confort d’été et au confort d’hiver ont joué un grand rôle, dans une région où le climat est si contrasté d’une saison à l’autre. Les logements et les bureaux sont donc équipés de chauffage en double-flux, ou réversible, qui joue le rôle de climatisation en été. Les arbres du parc et les fontaines rafraîchissent l’air du site en été et non en hiver, avec la chute des feuilles.

un mur 3 épaisseurs pour une isolation optimale

5- Vue de chantier : un mur 3 épaisseurs pour une isolation optimale

Enfin, on peut souligner le succès du dispositif de formation des entreprises aux techniques et matériaux innovants utilisés dans la construction écologique. Pendant près d’un an, un programme de formation des ouvriers du bâtiment a été proposé gratuitement par l’Agence Locale de l’Energie de Grenoble, grâce au soutien du GRETA et de la Fédération Française du Bâtiment. Ce programme a permis aux entreprises d’effectuer un travail de qualité avec une bonne maîtrise des techniques nouvelles, ce qui implique la limitation des réserves à la livraison et donc une bonne économie de temps.

Green Inked : des mesures que vous évoquez ici, il ne ressort que du positif et c’est très enthousiasmant. Y a-t-il cependant, selon vous, des faiblesses dans ce projet ?

A. Rambert : La maîtrise d’ouvrage a su définir des priorités, et parmi celles-ci se trouve celle de l’efficacité du projet, afin de réduire les délais, les coûts, les complications, et afin d’optimiser les résultats, pour les mesures énergétiques par exemple. Ce choix implique une mise au second plan de la relation avec le grand public. La concertation a été poussée, avec de nombreuses réunions et une campagne d’information importante pour la France. Mais on peut déplorer, pour un projet qui se veut exemplaire, que la population ne soit pas réellement partenaire du projet : il n’y a pas eu d’innovation, comme la mise en place d’un projet d’autopromotion par exemple, comme on l’a vu en Allemagne, où les copropriétaires se mettent d’accord sur la programmation de l’immeuble (au prix de tergiversations sans fin et de retards dans les projets, certes). Il est vrai que ce type de dispositif est reste difficile à mettre en place en milieu dense.

La concertation avec les acteurs de la ville et de la construction a, elle, été poussée très avant : l’aventure est donc avant tout celle des professionnels.

Green Inked : On évoque assez peu dans les médias les enjeux directement liés à l’urbanisme. Selon vous, les urbanistes tiennent-ils une place suffisante dans les débats actuels autour de l’environnement ?

A. Rambert : Dans les médias, l’importance des architectes est plus reconnue, car ils proposent des produits plus visibles et lorsqu’ils revendiquent leur durabilité, les mesures de vérification sont plus aisées. Cependant, les urbanistes ont un rôle crucial à jouer également, car ils saisissent les enjeux dans leur complexité et jouent un rôle d’interface avec tous les acteurs. Avec tous les autres professionnels concernés, ils doivent donc se faire entendre sur le plan politique pour défendre un point de vue transversal, ce qui peut éviter d’avancer dans une mauvaise direction pour le Grenelle par exemple.

Green Inked : Justement, quel est le regard que vous portez sur ce projet en tant qu’urbaniste ?

A.Rambert : Je le considère, après Concerto, comme un programme exemplaire et novateur, qui mérite la reconnaissance des professionnels de la ville. Une des prises de position du projet est de ne pas s’afficher comme un projet militant : plus qu’un espace créé pour vivre dans le respect du développement durable, De Bonne propose un cadre d’une grande qualité dans lequel chacun peut vivre librement. Le choix d’appliquer le développement durable à l’aménagement du territoire plutôt que de militer pour lui grâce à l’aménagement constitue à la fois la faiblesse et la force du projet, car sans surmédiatisation, on évite l’effet de péremption et l’élitisme du quartier ; mais ne pas imposer la modification des pratiques des habitants, c’est laisser aux futurs habitants une liberté essentielle tout en refusant de pousser la démarche jusqu’au bout.

Green Inked : Dans votre mémoire, vous abordiez la consensualité de certains aspects du projet De Bonne. Avec le recul, pensez-vous finalement que cela lui permette de s’ériger en modèle pour des projets urbains futurs de cette nature ?

A. Rambert : selon l’expression des responsables communaux, De Bonne constitue un « projet-vitrine »  qui doit servir de modèle à de nombreux projets à l’avenir, et s’impose d’ores et déjà comme référence aux projets grenoblois. En effet, les quartiers durables s’imposent désormais comme l’approche incontournable du renouvellement urbain, pour l’aménagement des friches industrielles, ferroviaires ou militaires notamment, et en raison de leur caractère récent, inédit et innovant, les décideurs sont en quête d’exemples réussis qui les aident à déterminer les principes et les priorités à privilégier.

Mais il faut garder à l’esprit que le projet n’est pas encore entièrement livré et que l’évaluation définitive ne pourra être réalisée pour le quartier que lorsqu’il sera habité et fréquenté.

Green Inked : En dehors des villes-références en la matière comme Fribourg en Allemagne, Malmö en Suède, Beddington en Grande Bretagne, y a-t-il d’autres villes françaises et européennes, bons élèves en matière d’intégration du développement durable ?

A. Rambert : Bien sûr, des expériences sont menées dans beaucoup d’endroits, on peut citer Rennes où une politique de maîtrise foncière est menée par la collectivité depuis des années pour un développement plus durable de la ville.

La France est considérée comme retardataire par rapport aux pays scandinaves notamment, mais plusieurs villes ont su se distinguer, notamment celles qui, comme Grenoble, ont répondu à l’appel à projet européen Concerto, qui récompense les projets les plus ambitieux en matière d’urbanisme. On peut donc citer en plus de Grenoble  Nantes, Lyon ou Ajaccio. Le programme Concerto cofinance neuf opérations avec 90 millions d’euros ; il récompense les projets-pilotes engagés dans la démarche Développement Durable, qui par leur exemple impulsent une dynamique novatrice nécessaire aujourd’hui pour des territoires urbains performants.

En tant qu’urbaniste qualifiée, je souhaite collaborer à de tels projets d’aménagement durables, qui permettent de mieux prendre en compte le long terme à toutes les échelles et qui impliquent une plus grande qualité des projets.

6- Vue depuis l'intérieur du chantier

6- Vue depuis l’intérieur du chantier

7- Plan masse de la ZAC de la caserne De Bonne

7- Plan masse de la ZAC de la caserne De Bonne (Crédit : SEM SAGES)

[Eco-concept] Le gratte-ciel dynamique rotatif du Dubaï fait tourner les têtes

Le premier green building associant mouvement, énergie écologique et efficience dans le processus de construction.

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Crédit photos, plans : Dynamic Architecture

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C’est vers 2010 que devrait s’achever la construction de la « Rotating tower » à Dubaï, projet imaginé par le très créatif David Fischer du groupe Dynamic Architecture. L’objectif est de propulser l’architecture durable dans une ère nouvelle, et quoi de plus « simple » que de commencer dans des villes où le gigantisme des constructions rivalise avec le luxe et la haute technologie ?

New York, Londres, Hong Kong, Paris, maintenant Moscou et Dubaï, qui accueillera la construction d’un gratte-ciel de 420 mètres de hauteur, soit 80 étages ayant vocation à devenir une véritable centrale énergétique alimentée par 79 turbines éoliennes en fibre de carbone incrémentées horizontalement à chaque étage. L’idée essentielle et novatrice du projet est complexe : autour du tronc central fixe en béton armé, un système éolien entraîne la rotation de chaque étage qui pivote indépendamment des autres. Les étages de cet édifice dynamique seront par conséquent en perpétuel mouvement engendrant une modification continuelle de la forme du building.

Le vent comme source d’énergie donc, mais le soleil n’est pas en reste puisque des cellules photovoltaïques seront installées sur le toit de chaque étage : la cabinet Dynamic Architecture prévoit que si seulement 20% de la surface du toit était exposée au soleil ou à la lumière, il resterait toujours 20% de la surface multipliée par 80 grâce au système de rotation. Des convecteurs solaires seront ensuite utilisés pour le conditionnement d’air.

La « rotating tower » sera entièrement construite à l’aide d’éléments préfabriqués selon la Méthode Fisher (du nom même de l’architecte initiateur du projet), ce qui devrait permettre de réaliser des économies sur le coût de construction d’un tel édifice en divisant notamment par 3 le nombre d’intervenants divers (ouvriers, techniciens) qu’aurait exigés une construction classique de même dimension et de réduire les délais de livraison, puisque chaque étage doit pouvoir être bâti en 7 jours, toujours selon les indications données par la cabinet Dynamic Architecture.

La « Rotating Tower » est donc le premier édifice réalisé en usine dans un établissement installé en Italie et appartenant à la société Rotating Tower Group et transporté « prêts-à-installer » puisque chaque module sera équipé, avant d’être monté et assemblé mécaniquement sur place, de toutes les installations hydrauliques et électriques, des salles de bains, cuisine, systèmes d’éclairage et de divers éléments d’ameublement, tout  ceci -est-il précisé- en privilégiant les matériaux naturels comme la céramique, le verre, le bois et le marbre.

Pour les autres caractéristiques techniques de ce « gratte-ciel vert », qui se veut nouvel emblême des Emirats Arabes Unis et plus largement des pays du Golfe arabo-persique, rien ne vaut les indications données par le cabinet d’architecture lui-même :

  • Aire totale de construction: 146 m2 ;
  • Les 20 premiers étages seront réservés aux bureaux ;
  • Les 15 étages suivants prévoient un hôtel de six étoiles ;
  • Aux 35 autres étages se trouveront les appartements de luxe ;
  • Les 10 derniers étages seront réservés aux « villas ».

Un parking spécial pour les « villas » sera situé au rez-de-chaussée d’où partira un ascenseur, rapide et réservé, aux commandes électroniques qui obéiront au mouvement des yeux.

Le prix s’élève à 3000 US$ par m2 et ces appartements s’affirment bien-sûr comme les plus chers des Emirats Arabes parce qu’ils feront partie d’un édifice unique et l’un des plus prestigieux au monde.

Nous vous informons par ailleurs qu’il est désormais possible de réserver un appartement en s’inscrivant sur la liste des réservations !?!