[Eco-concept] La maison nomade à 6 pattes

Walking House, un concept écologique emblématique de la culture du nomadisme.

S’inspirant des verdines, ces roulottes hippomobiles tsiganes du XIXe siècle, la maison nomade est imaginée pour 4 occupants et dispose de toutes les technologies équipant les maisons écologiques actuelles en les réadaptant : panneaux solaires, mini-éoliennes, système de récupération d’eau de pluie, système de compost.

Cette maison à « 6 pattes » se déplace à une vitesse de 60 mètres par heure seulement, permettant -tout comme son ancêtre sur roues- de profiter du paysage pendant le déplacement. Et l’inspiration « roulotte » ne s’arrête pas là : du poids d’une petite automobile citadine (1200 Kg), le module indépendant de la walking-house (mesurant 3.50 sur 3.50m et long de 3.72 mètres) dispose d’un aménagement intérieur  intentionnellement dépouillé, intégré à la structure du module et donc réduit à son strict minimum. La vocation « tout-terrain » de l’engin est également suggérée par les utilisations de sa lointaine cousine rom.

Née de l’imagination débordante de l’équipe (1) britannique N55 du Wysing Arts Centre (Cambridgeshire), la walking-house est bien plus qu’une maison nomade. Elle se veut l’emblème de la culture du nomadisme, proche, par définition, de son environnement, en symbiose avec la nature (sic) et à contre-courant du concept de la propriété terrienne.

La maison nomade à 6 pattes espère donc maintenant trouver des acquéreurs… afin de se regrouper en walking village.

Vous y croyez, vous ?

(1) N55 est composé de Ion Sørvin, Øivind Alexander Slaatto et Sam Kronick.

[Intérieur] Mobilier crée à partir de matériaux recyclés

Green design.

Origami. Chaise faite de plastiques divers recyclés, sans colles ni vis. Du designer australien Stuart Macfarlane.

Bouquet étincelant. Une anémone de lumière faite à partir de papier industriel recyclé et de colle végétale, par la française BRINDI.

Chutes de bois. Collection Patchwork de chaises, abat-jours et étagères créée à partir de déchets entrecollés issus de l’industrie du bois, de la Norvégienne Amy Hunting.

Lampe home-made. Abat-jour en bouchons de bouteilles recyclées, carton et laiton, du Français Esprit Cabane.

Fauteuil de papier. Création à partir de rouleaux de déchets issus de l’industrie du papier, du Japonais Nendo.

Billets de banque. Lampes utilisant des billets de banque recyclés comme matériau. Par le belge Baccarne.

Troncs carrés. Chaises et tabourets recouverts d’écorce de bois, des Belges Draw Me a Sheep.

Inspiration victorienne. Fauteuil et bureau en panneaux de lamelles minces en bois collées entre elles par une résine synthétique (OSB), de l’anglais Adam Rowe.

Pâte de papier. Collection de vases PULP en pâte de papier mélangée, du designer Néerlandais Jo Meesters.

Confortables fauteuils de bambou, de Green and more.

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[Recyclage] Les toilettes-bidet écologiques et économiques

Réutiliser les eaux grises.

Les toilettes classiques disposent pour la plupart de réservoirs d’un volume de 9 litres : chaque famille consomme donc quotidiennement plusieurs dizaines de litres d’eau potable. La généralisation des chasses d’eau « 2 vitesses » a été une première réponse intéressante pour réduire le montant des factures d’eau.

En sus des actions simples et des gestes quotidiens permettant d’économiser l’eau potable (préférer la douche au bain, fermer le robinet quand cela est nécessaire à chaque brossage de dents ou lavage de vaisselle, lancer des cycles de lavage quand les machines -lave-vaisselle, lave-linge- sont pleines, etc.), il serait opportun de trouver des solutions à la problématique du recyclage des eaux grises pour des usages ne nécessitant pas obligatoirement l’utilisation d’eau potable.

Tarek Shaaban a déposé le brevet de son invention portant sur la ré-exploitation des eaux grises pour la chasse d’eau. Il a également développé un dispositif sanitaire innovant permettant de procéder à une toilette intime avec de l’eau tiède.

L’eau recyclée récupérée alimente ainsi la chasse d’eau du toilette qu’il a nommé « réservoir de vie » tandis qu’une petite douchette fixe installée directement sur le bord intérieur de la cuvette est alimentée classiquement par de l’eau  dont l’usager peut régler la température de l’eau jusqu’à 38°. Précisons encore que ce réglage  se fait par un robinet thermostatique mécanique contrairement aux toilettes à thermostat électronique proposés en France par des fabricants japonais.

Comparativement, les toilettes japonais engendrent plus de problèmes d’entretien ou de déréglage que les WC à thermostat mécanique, en plus d’utiliser de l’énergie électrique. Les bienfaits écologiques des toilettes-bidet ne s’arrêtent pas là puisque leur utilisation réduit également de manière significative l’utilisation de papier hygiénique. Plus simples et proposés à 390 euros TTC, les toilettes de T. Shaaban sont largement plus compétitifs que leurs concurrents commercialisés par le Trône, Walneo, Evolance Toto ou Toshiba, dont les prix de vente sont au moins deux fois plus chers (de 700 euros pour l’abattant à ajouter sur un WC classique, à 6000 euros pour des toilettes complets).

A l’origine de son invention, Tarek Shaaban a voulu faciliter la vie des musulmans en créant des WC qui remplaceraient les bidets, les bouteilles d’eau ou le système de douche avec un tuyau extérieur aux toilettes pour se laver. Aujourd’hui, son invention écologique et économique rencontre un succès inattendu auprès d’un public de particuliers à mobilité réduite ainsi que dans le milieu médicalisé des hôpitaux, maternités et maisons de retraite où les toilettes-bidet « 2 en 1 » permettent aux patients de retrouver un peu de confort et d’indépendance.

Contact :

SARL SHAABAN

13 Rue de Sofia, 75018 – Paris

Téléphone portable : +33 (0) 6.63.83.20.04

Téléphone fixe : +33 (0) 1.42.52.20.00

Fax : +33 (0) 1.42.52.50.00

e-mail : sht77[@]hotmail.fr

[Eco-quartier] Le logement social français se met au vert

L' »éco-duo vert » composé de l’architecte Christian Gimonet et de l’industriel de la construction durable Jacob lance un nouveau projet de lotissement de logements sociaux écologiques très peu énergivores.

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Déjà à Bourges en 2007, puis à la Charité sur Loire en 2008, le duo travaille de concert avec les organismes publics HLM (OPAC Bourges Habitat et Nièvre Habitat) pour permettre au plus grand nombre d’accéder à des logements durables prouvant, une fois de plus, qu’il est parfaitement envisageable de proposer des solutions à la fois écologiques, esthétiques et financièrement compétitives dans le secteur du logement social.

C’est donc dans la Nièvre (58), que la construction de 13 maisons bioclimatiques labellisées Effinergie sera lancée dès le mois prochain, s’inscrivant ainsi dans le programme « Constructions à Basse consommation » de la Région Bourgogne. C’est le concept de diffusion de bâtiments à ossature bois industrielle, lancé par la Société POBI, filiale du Groupe JACOB, qui a permis de développer ce projet ambitieux.

Vous pouvez en juger : il s’agit de 13 maisons à basse consommation d’énergie, disposant d’un terrain privatif et d’un séjour traversant, proposées au loyer mensuel allant de 370 à 490 euros : deux maisons T2, huit T3 et trois T4. Selon le constructeur les maisons T2 et T3  seront à rez-de-chaussée et les T3 disposeront d’un jardin d’hiver  et d’un abri de jardin . Les T4 auront leur séjour au rez-de-chaussée et les chambres à l’étage. Le montant total de l’opération est de 1 259 627 Euros Hors Taxes pour une surface construite de 1 315 m2,  soit un coût de  957.89 € /m2 HT.

Les équipements de chaque maison sont composés de capteurs solaires pour l’eau chaude sanitaire, d’une ventilation mécanique à haut rendement et d’un puits canadien. Le constructeur indique d’ores et déjà que le chauffage au plancher (avec pompe à chaleur air-eau) engendrera pour le locataire un coût net d’environ 30 euros mensuels seulement. Les maisons disposeront également d’un système de collecte des eaux des toitures recueillies dans une cuve de 300 litres.

Pour se faire une idée du rendu final, on peut se référer à la réalisation précédente de « l’écoduo vert Jacob-Gimonet » : les 55 Villas Urbaines Durables de Bourges (18) dont 40 logements sociaux locatifs et 15 en accession à la propriété. Là aussi, le souci des « 3E » (esthétisme, écologie et économie) a été constant.

Des villas de 85 m² à 70 000 euros

Crédit photo et diaporama complet du projet ici

L’esthétisme du projet est pensé à toutes les échelles sans toutefois entraver les impératifs économiques et de développement durable. A l’échelle du lotissement, les maisons individuelles sont implantées suivant un arc de cercle et séparées les unes des autres par un garage de 2 places ; tandis que les ensembles de logements accolés sont réalisés en décalage latéral et altimétrique.

A l’échelle du pavillon, on observe une avancée en bow window sur l’entrée et une attention toute particulière a été donnée aux couleurs et aux matériaux des façades, partagés entre bardage Finncolor et bardage en lames de béton, conçues spécifiquement pour cette opération.

L’aspect économique est au coeur du projet dont l’ouverture au secteur social s’appuie sur des coûts faibles (821 euros HT/m2) permis par l’apport industriel d’ossatures bois préfabriquées en usine.

L’écologie et le développement durable étaient à l’honneur  ce qui a permis au projet de remplir de façon effective les 14 cibles d’engagement de la charte HQE®. Les principes issus du bioclimatisme ont par conséquent guidés l’entièreté du projet : solaire passif par le biais du jardin d’hiver, ventilation mécanique double flux, puits canadien, récupération de l’eau de pluie, chauffage par le sol, toiture débordante permettant d’obtenir de meilleurs résultats en thermique d’été, comble ventilé, et introduction de chaudières gaz couplées avec des capteurs solaires (installés sur les abris de jardins et les terrasses des jardins d’hiver pour une surface de 4m2) afin de subvenir aux besoins en énergie du circuit eau chaude de chaque logement.

Crédit photo et diaporama complet du projet ici

Encore une fois, dans les deux projets, c’est une démarche globale qui est mise en oeuvre. La construction est appréhendée comme un système dont il est nécessaire, pour le rendre performant, de réduire les besoins énergétiques, tout un assurant aux futurs habitants un confort optimal et un prix compétitif.

[Autoconstruction] Les maisons de terre gagnent du terrain (3/3)

Sacs de sable ou de terre, pour quoi faire ? … pour le façonnage de dômes écologiques en terre cuite, pour le remplissage des structures en bois de maisons à très bas prix… voici que ces fameux sacs ou earthbags ont touché l’industrie de la construction de maisons de type standard et draguent même les projets plus luxueux.

Les photos ci-dessous parlent d’elles-mêmes :

Crédit Photos

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Les Européens vont-ils, longtemps encore, rester frileux à cette démarche qui, en plus d’être écologique, est économique et très rapide à mettre en oeuvre ?

[Autoconstruction] Projet 10×10, les maisons à 5500 euros (2/3)

Les « châteaux » de sable de Nader Khalili n’en ont pas fini de faire des émules. En effet, les Eco-dômes de Cal-earth ont fortement inspirés la société sud-africaine EcoBeam, qui a réadapté et redeveloppé le concept pour le secteur des logements à bas coûts. Ainsi,dès mars 2008,  sur l’initiative de  Ravi Naidoo, fondateur de Design Indaba, le projet « 10X10 » de construction d’une dizaine de maisons économiques utilisant la technique de l’empilement de sacs de sable a vu le jour en Afrique du Sud.

Après avoir présenté les travaux de 10 équipes d’architectes du monde entier (1), c’est le projet du bureau d’architectes MMA qui a été retenu pour lancer cette initiative devant permettre de reloger les dix familles d’une communauté habitant des cabanes et autres abris de fortune du Freedom Park, dans la banlieue de Cape Town. La mise en oeuvre de ce projet, fidèle au concept originel de N. Khalili, est entièrement écologique puisque la matière première, le sable, est creusé et transporté par les femmes de la communauté depuis quelques centaines de mètres à peine du lieu final de construction.

La procédé technique insolite se conforme aux réglementations locales en matière de construction et de ce fait, le projet de l’architecte Luyanda Mpahlwa a rapidement obtenu l’aval du Conseil municipal de la ville de Cape Town. Pour la somme de 8600 dollars (US) -soit 5500 euros à ce jour- les familles disposent d’une maison de 10 mètres sur 10 ceinte d’une zone originale d’interaction entre espace public et espace privé. En plus d’être très économique, la qualité de la construction est, d’après Ecobeam, égale sinon supérieure aux consntructions classiques de briques et de mortier.

Les architectes ont choisi de laisser le concept et le design de ces maisons libres de droits afin de faciliter leur diffusion dans les zones où la construction de logements à bas coûts devient impérieuse, principalement en Afrique.

(1) Composition des équipes d’architectes :

Luyanda Mpahlwa (Cape Town) et Will Alsop (Londres) ;
Jo Noero (Cape Town) et Cameron Sinclair (San Francisco) ;
Vanessa September (Cape Town) et Lindy Roy (New York) ;
Andrew Makin et Janina Masojada (Durban) en collaboration avec Christoph Egret (Londres) ;
Lesley Carstens et Silvio Rech (Johannesburg) en collaboration avec Thomas Heatherwick (Londres) ;
Stefan Antoni (Cape Town) et Eva Jiricna (Londres) ;
Ruben Reddy (Durban) et Mark Dytham (Tokyo) ;
Martin Kruger (Cape Town) et David Adjaye (Londres) ;
Henning Rasmus (Johannesbourg) et Shigeru Ban (Tokyo) ;
Don Albert (Cape Town) et Tom Dixon (Londres).

[Autoconstruction] Les « Eco-dômes », maisons-céramiques (1/3)

Nader Khalili, architecte d’origine iranienne et fondateur du Cal-Earth Institute en 1991, a été parmi les premiers à créer et développer des techniques de construction extrêmement résistantes et rapidement mobilisables dans des contextes d’urgence. Il a ainsi développé une technique appelée Super Adobe pour réaliser des abri d’urgence « Emergency shelters » ou « Sandbag shelter » (abris de sacs de sable) en milieu sinistré (tremblement de terre, ouragan, tornade, inondations, etc.).

Cette technique a également permis de créer de réels lieux d’habitations durables en forme de dôme. La terre est extraite du lieu même de construction et on en remplit des sacs de toile que l’on empile de façon à dessiner la forme de ces « éco-dômes ». L’ensemble est renforcé avec du fil de fer barbelé puis un feu est allumé à l’intérieur : une coque de terre cuite extrêmement solide et isolante (thermiquement et acoustiquement) se forme supportant l’ensemble de l’édifice.

Ainsi, la mise en place de ces maisons peut se faire rapidement (4 semaines en moyenne) par une équipe de 3 à 5 personnes sans qualification particulière en usant d’un minimum de matières premières – principalement le sable ou la terre et sans utiliser le bois – prélevés directement sur le lieu de construction. L’Iran, dont Nader Khalili s’est largement inspiré pour mettre au point ces techniques, a constitué le premier terrain d’expérimentation pour ces « maisons-céramiques ».

Avec différentes adaptations, cette même technique du SuperAdobe a pu servir pour construire de plus grandes infrastructures comme des écoles, des hôpitaux mais aussi des ponts, routes, stabilisations de cours d’eau, digues, etc. Le système a fait ses preuves à grande échelle en 1994 en Iran, lorsque le pays a dû mettre en place des camps d’accueil pour des milliers de réfugiés Irakiens. Le Haut Comité pour les réfugiés (HCR) et le Programme au développement (PNUD)  des Nations-Unies se sont également penchés sur la technique et les réalisations de Nader Khalili pour les expérimenter au Pakistan en 2005 et en Iran en 2002 comme abris pour les réfugiés des tremblements de terre. Entre-temps, en 2004, la structure de Nader Khalili a été récompensée par le prix triennal Aga Khan.

Aujourd’hui la technique du SuperAdobe de Nader Khalili a été exportée et mise en oeuvre dans plusieurs pays du monde (Etats-Unis, Mexique, Sénégal, Afrique su Sud, Inde, Pakistan, en France au Jardin des Plantes de Nantes). Le plan de la maison de base imaginée par l’architecte comptait une surface habitable de 40 m² environ. Depuis l’éco-dôme a évolué, les plans se sont complexifiés et les constructions se sont agrandies tandis que l’esprit du concept originellement né dans l’imagination de son concepteur reste intact : une alternative rapide, écologique  et économique aux constructions classiques.

Avec l’éco-dôme Nader Khalili a posé les premiers jalons de l’ère des constructions durables entièrement biodégradables et accessibles à tous.

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